Kasbah des Oudaïa

Kasbah des Oudaïa

Kasbah des Oudaïa

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Forteresse almohade du XIIe siècle dominant le Bouregreg à Rabat, classée UNESCO depuis 2006 : porte Bab Oudaia, jardin andalou, musée de la bijouterie et Café Maure.

La Kasbah des Oudaïa domine l'embouchure du Bouregreg, en face de Salé, et marque l'entrée historique de Rabat. Forteresse almohade du XIIe siècle, ancien repaire de corsaires puis quartier résidentiel aux ruelles bleues et blanches, elle est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2006.

Pourquoi visiter la Kasbah des Oudaïa

Le site concentre, sur un éperon rocheux d'une dizaine d'hectares, près de neuf siècles d'histoire marocaine. On y circule entre une porte monumentale du XIIe siècle, une mosquée datée de 1150, un musée installé dans un pavillon alaouite et un jardin créé sous le protectorat français. La promenade reste accessible : les ruelles sont courtes, le dénivelé limité, et la plateforme du sémaphore offre un panorama sur l'océan Atlantique, la rivière Bouregreg et la médina de Salé sur la rive opposée. La visite, en accès libre pour le quartier, se fait en une à deux heures.

Histoire de la Kasbah

La forteresse est érigée au XIIe siècle par le sultan almohade Abdelmoumen ibn Ali Al Goumi, fondateur de la dynastie. Elle porte alors le nom de Ribat Al Fath, « camp de la victoire », à l'origine du nom actuel de Rabat. Le sultan Yacoub el Mansour la renforce et l'agrandit à la fin du XIIe siècle, en même temps qu'il lance le chantier de la Tour Hassan voisine.

Au début du XVIIe siècle, la Kasbah devient un repaire des corsaires de Salé, qui écument l'Atlantique et la Méditerranée et capturent des Européens revendus comme captifs sur les marchés barbaresques. L'activité, partagée avec d'autres ports régences ottomanes, se prolongera jusqu'au XIXe siècle.

La Kasbah est rebaptisée sous le règne du sultan Moulay Abderrahmane, en hommage à la tribu des Oudayas venue du Sahara. C'est cette tribu, installée sur place en 1844, qui lui donne son nom définitif. Le pavillon construit par Moulay Ismaïl au XVIIe siècle est transformé en musée en 1915, et le jardin attenant aménagé entre 1915 et 1918 sous le protectorat français.

Que voir sur place

La porte Bab Oudaia

Bab Oudaia, ou Bab al-Kbir, est construite entre 1195 et 1199 sous le calife Ya'qub al-Mansur. C'est l'une des grandes portes almohades conservées au Maroc. Elle mesure environ 38 m de long, 16 m de large et 13 m de haut, en bois de pin renforcé de clous en fer. Son arc en fer à cheval s'orne de motifs floraux et d'inscriptions koufiques sculptées dans la pierre. Aujourd'hui, l'espace intérieur sert de galerie d'exposition. Quatre portes secondaires complètent l'enceinte et donnent accès à la partie basse de la Kasbah et aux jardins.

La Vieille Mosquée (Jama' al-'Atiqa)

La Jama' al-'Atiqa, datée de 1150 et attribuée à Abd al-Mu'min, est la plus ancienne structure conservée de la Kasbah. Restaurée au XVIIIe siècle sous le sultan Mohammed ben Abdallah, elle présente une élévation sobre, des arcs aveugles et un minaret resté séparé du corps de la mosquée jusqu'en 1940. L'accès intérieur est réservé aux fidèles.

Le Musée national de la Bijouterie

Le Musée des Oudayas occupe le pavillon construit par Moulay Ismaïl au XVIIe siècle, transformé en musée en 1915. Il abrite désormais le Musée national de la Bijouterie, qui présente des parures urbaines et berbères, fibules, colliers et diadèmes issus des collections nationales. Le bâtiment lui-même, avec ses patios et ses zelliges, fait partie de la visite. Pour prolonger la découverte de l'art décoratif marocain, vous pouvez la combiner avec celle des medersa de Ben Youssef ou de la Medersa de Bou Inania.

Le Jardin Andalou

Aménagé entre 1915 et 1918 sous le protectorat français, le jardin reprend le vocabulaire des jardins andalous : allées rectilignes, parterres bas, bougainvilliers, orangers et citronniers. Sa partie sud s'inscrit sur des aménagements alaouites du XVIIIe siècle. C'est l'un des points les plus calmes du site.

Le Café Maure

Installé à l'extrémité de la rue Bazo, le Café Maure surplombe l'estuaire et Salé. Ses bancs et tables en bois bleu, ainsi que les zelliges des murs et piliers, sont en place depuis le début du XXe siècle. On y sert du thé à la menthe et des pâtisseries marocaines : brouiates, cornes de gazelle, kaâk, ghribas, mhinchas et pastillas de poulet.

Informations pratiques

  • Adresse : Avenue Hassan II, Rabat, à l'embouchure du Bouregreg.
  • Accès au quartier : libre et gratuit, le site est un quartier résidentiel ouvert.
  • Musée et expositions : billet à tarif modéré, à régler sur place.
  • Durée de visite : comptez 1 h à 2 h pour le quartier, 2 h à 3 h avec le musée et une pause au café.
  • Tenue : chaussures plates conseillées (ruelles pavées) et tenue couvrante à proximité de la mosquée.

Quand y aller

Le printemps (mars-mai) et l'automne (septembre-novembre) offrent les conditions les plus agréables, avec des températures douces et une lumière favorable sur les façades bleues et blanches. L'été reste praticable grâce à la brise atlantique, mais les après-midis peuvent être chauds dans les ruelles exposées. La fin d'après-midi, juste avant le coucher du soleil sur l'océan, est le créneau le plus photogénique. En juin, le festival Mawazine se déroule à Rabat, avec un site de concerts à proximité immédiate de la Kasbah : prévoyez une affluence plus marquée pendant cette période.

À voir aux alentours

La Kasbah s'inscrit dans un ensemble dense de sites rabatis facilement combinables sur une à deux journées :

  • La médina de Rabat, attenante à la Kasbah, et la Tour Hassan avec le mausolée Mohammed V, sur l'autre rive du quartier.
  • Salé, en face, accessible par bateau-taxi depuis le pied de la Kasbah ou par le pont de Moulay Hassan.
  • Pour prolonger le voyage au sud, le Palais de Bahia à Marrakech illustre le même art décoratif marocain à plus grande échelle.
  • Plus au sud encore, le Fort Bou Jerif et les Cascades d'Attiq complètent un itinéraire entre patrimoine militaire et nature.

Questions fréquentes

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Questions fréquentes

Le quartier et ses ruelles sont en accès libre. Seul le Musée national de la Bijouterie, installé dans le pavillon de Moulay Ismaïl, demande un billet d'entrée à tarif modéré.

Comptez 1 h à 2 h pour parcourir les ruelles, la porte Bab Oudaia et le belvédère, et 2 h à 3 h si vous incluez le musée, le jardin et une pause au Café Maure.

L'intérieur de la Jama' al-'Atiqa, datée de 1150, est réservé aux fidèles musulmans, comme l'ensemble des mosquées en activité au Maroc. La façade et le minaret se voient depuis la rue.

Des bateaux-taxis traditionnels traversent le Bouregreg depuis le pied de la Kasbah, côté plage. Le pont Moulay Hassan permet aussi le passage à pied, en taxi ou en tramway.

Le ravalement bleu et blanc, courant sur les façades du quartier, s'est généralisé au XXe siècle et est aujourd'hui entretenu par les habitants. La Kasbah reste majoritairement résidentielle.

Inclure la Kasbah dans votre voyage

La Kasbah des Oudaïa s'intègre naturellement à un circuit qui combine Rabat, Salé et les villes impériales voisines. Pour construire un itinéraire sur mesure intégrant la capitale et ses sites UNESCO, consultez nos voyages au Maroc.

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