Oujda

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TraditionCulture2 min de lecture

À 50 km de la Méditerranée et aux portes de l'Algérie, Oujda mêle héritage andalou, musique Gharnati et cuisine populaire dans un Maroc hors des sentiers battus.

Nichée à l'extrême est du Maroc, Oujda veille depuis plus de mille ans sur la frontière algéro-marocaine. Capitale de la région de l'Oriental, à 50 km de la Méditerranée et au pied des monts Béni-Snassen, la ville cultive une identité métissée : héritage andalou, musique Gharnati, cuisine populaire et porte ouverte sur l'Algérie voisine. Loin du circuit classique Marrakech-Fès-Chefchaouen, Oujda se mérite et récompense les voyageurs curieux d'un Maroc authentique.

Oujda en bref

  • Région : l'Oriental, nord-est du Maroc
  • Population : environ 1 million d'habitants
  • Position : 50 km de la Méditerranée, frontière algéro-marocaine, monts Béni-Snassen
  • Aéroport : Oujda-Angad, à 15 km du centre
  • Climat : méditerranéen, étés chauds et hivers doux
  • Spécialités : Karane, Boubbouche, musique Gharnati et Raï
  • Durée idéale : 2 à 3 jours, ou étape vers Saidia

Histoire d'Oujda, carrefour de l'Oriental

Fondée en 994 par Ziri Ibn Attia, chef de la tribu berbère des Maghraoua, Oujda doit son existence à sa position stratégique entre le Maghreb central et l'Atlantique. La ville a vu passer Almoravides, Almohades, Mérinides et Saadiens, chacun laissant son empreinte sur les remparts et la Medina.

Au XIXᵉ siècle, Oujda devient un enjeu colonial. Occupée par la France en 1844 puis en 1907, elle reste la dernière étape avant l'Algérie française. Cette histoire frontalière explique son cosmopolitisme : familles juives andalouses, commerçants algériens, fonctionnaires français et tribus arabo-berbères ont longtemps cohabité ici.

La porte Bab Sidi Abdellouahab, en forme d'ogive, garde la mémoire la plus sombre de cette époque : les rebelles y pendaient les têtes de leurs victimes pour l'exemple. Aujourd'hui, elle marque l'entrée du souk hebdomadaire, un des plus animés de l'Oriental.

Les incontournables d'Oujda

La Medina et ses portes historiques

L'accès à la Medina se faisait par trois portes : Bab Sidi Abdellouahab à l'est, Bab El Khemis au nord et Bab Oulad Amran qui ouvre directement sur la rue principale. À l'intérieur, la Medina rassemble trois mosquées, une medersa, trois synagogues et plusieurs palais. Peu d'infrastructures touristiques, mais c'est précisément ce qui fait son charme : vous y croisez des artisans, des écoliers et des familles dans leur quotidien.

La Grande Mosquée et la mosquée Sidi Yahya

La Grande Mosquée, fondée au XIIIᵉ siècle sous les Mérinides, reste un repère central de la Medina. À quelques kilomètres au sud, le sanctuaire de Sidi Yahya attire pèlerins musulmans, juifs et chrétiens : selon la tradition, le saint correspondrait à Jean-Baptiste. Une oasis de figuiers et d'oliviers entoure le mausolée.

Le Palais Dar Sebti

Construit en 1938 et restauré à plusieurs reprises, le Palais Dar Sebti est aujourd'hui le siège du Centre d'Études et de Recherches sur la Musique Gharnati. Plafonds peints, zelliges, patios à colonnades : le lieu accueille concerts, expositions, mariages et conférences. Pousser la porte permet d'entrer dans l'aristocratie marocaine du début du XXᵉ siècle.

Le souk El Ma et le souk hebdomadaire

Le souk El Ma (souk de l'eau) tient son nom des canaux qui irriguaient autrefois la palmeraie. On y trouve épices, herbes médicinales, dattes de l'Oriental et tissus. Le souk hebdomadaire, lui, se tient près de Bab Sidi Abdellouahab, hors des murailles : produits agricoles, volaille, friperie et artisanat berbère.

Le parc Lalla Meriem

Au cœur de la ville moderne, le parc Lalla Meriem offre un poumon vert apprécié des familles. Il abrite un petit musée et un kiosque à musique. C'est un bon point de chute en fin d'après-midi, à l'heure où les habitants viennent prendre le frais.

Musique Gharnati et Raï, l'âme d'Oujda

Oujda est l'une des trois villes marocaines (avec Rabat et Fès) qui perpétuent le Gharnati, musique savante héritée de l'Andalousie. Le Festival International du Gharnati y a lieu chaque année, généralement en juin, avec orchestres marocains et algériens.

La ville est aussi un berceau du Raï. Cheb Khaled, Cheb Mami et bien d'autres ont commencé à jouer dans les cabarets de la frontière. En soirée, certains cafés du centre programment des groupes acoustiques : demandez à votre hôte les bonnes adresses du moment.

La gastronomie d'Oujda

Oujda compte parmi les villes marocaines où les traditions culinaires sont les plus ancrées. La cuisine y reflète l'héritage andalou, juif et berbère.

  • Karane : plat populaire à base de poudre de pois chiche, héritage des Andalous musulmans et juifs. Servi en tranches, accompagné de Barida, boisson fraîche à base de citron.
  • Boubbouche : escargots mijotés dans un bouillon épicé (thym, anis, réglisse), vendu à la louche dans la rue.
  • Kefta msharmla : boulettes d'agneau aux épices typiques de l'Oriental.
  • Pâtisseries : kaab el ghazal et makrout aux dattes, héritage andalou.

Pour goûter ces spécialités, dirigez-vous vers les gargotes autour de Bab Sidi Abdellouahab et de la place du 16 Août.

Quand partir à Oujda

Le climat est méditerranéen, plus continental que sur la côte.

  • Printemps (mars-mai) : la meilleure période. Températures douces (18-25 °C), monts Béni-Snassen verdoyants.
  • Été (juin-août) : chaud et sec (jusqu'à 38 °C). Idéal si vous combinez avec la station balnéaire de Saidia, à 60 km.
  • Automne (sept-nov) : agréable, lumière dorée, peu de pluie.
  • Hiver (déc-fév) : doux le jour (12-17 °C), frais la nuit. Possibilité de neige sur les Béni-Snassen.

Comment se rendre à Oujda

En avion : l'aéroport Oujda-Angad (OUD) est connecté à Casablanca, Paris, Bruxelles, Marseille et Amsterdam. Comptez 15 minutes en taxi pour rejoindre le centre.

En train : l'ONCF relie Oujda à Casablanca via Fès et Meknès (environ 10h30, train de nuit confortable). La gare se trouve au centre-ville.

En bus : CTM et Supratours desservent Oujda depuis Fès (5h), Nador (3h) et Casablanca (10h).

Frontière : la frontière algéro-marocaine est fermée aux voyageurs depuis 1994. Aucun passage terrestre possible vers l'Algérie.

Où dormir à Oujda

L'offre reste modeste mais correcte pour une étape ou un séjour court.

  • Maisons d'hôtes (15-30 €/nuit) : quelques riads familiaux dans la Medina ou en périphérie, accueil chaleureux et petit-déjeuner marocain inclus.
  • Hôtels de centre-ville (60-120 €/nuit) : chaînes nationales et boutique-hôtels autour du boulevard Mohammed V, confort moderne et restaurant.
  • Resorts à Saidia (150 €+ /nuit) : à 60 km, la station balnéaire propose des complexes 4-5 étoiles avec plage, golf et marina, parfaits pour combiner culture et détente.

Conseils insider

  • Visitez la Medina en matinée : les artisans ouvrent vers 9h, et la lumière y est magnifique.
  • Réservez vos billets de train ONCF en ligne quelques jours à l'avance pour les trajets de nuit.
  • Goûtez le Karane chez un vendeur de rue plutôt qu'au restaurant : c'est là qu'il a son vrai goût populaire.
  • Combinez Oujda avec Saidia (plage), les monts Béni-Snassen (randonnée, grottes) et Berkane (orangeraies).
  • Le vendredi, beaucoup de commerces ferment l'après-midi pour la prière. Planifiez vos visites en conséquence.
  • L'arabe et le français sont largement compris ; quelques mots d'espagnol passent aussi côté frontière.

Pour qui est faite Oujda ?

  • Voyageurs hors des sentiers battus qui cherchent un Maroc loin des circuits touristiques classiques.
  • Amateurs de musique attirés par le Gharnati et le Raï.
  • Passionnés d'histoire andalouse et juive du Maghreb.
  • Voyageurs en transit avant de rejoindre Saidia ou la Méditerranée.

Oujda conviendra moins aux voyageurs qui attendent monuments spectaculaires et infrastructure touristique aboutie : la ville se savoure en mode lent, par ses rencontres et son ambiance frontalière.

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Questions fréquentes

Deux jours suffisent pour voir la Medina, le Palais Dar Sebti, les souks et goûter aux spécialités. Comptez 3 à 4 jours si vous combinez avec Saidia et les monts Béni-Snassen.

Non. La frontière algéro-marocaine est fermée aux voyageurs depuis 1994 et aucun passage terrestre n'est possible. Pour rejoindre l'Algérie, il faut passer par voie aérienne via Casablanca ou Tunis.

Commencez par la Medina et la porte Bab Sidi Abdellouahab le matin, déjeunez d'un Karane près du souk, visitez le Palais Dar Sebti l'après-midi puis terminez au parc Lalla Meriem en fin de journée.

Oui. Oujda est une ville calme et l'accueil y est chaleureux. Les précautions d'usage en milieu urbain marocain s'appliquent (vigilance dans les souks, négociation des taxis).

Le printemps (mars à mai) et l'automne (septembre à novembre) offrent les températures les plus agréables. L'été convient si vous prolongez vers la plage de Saidia.

Le Karane (galette de pois chiches d'origine andalouse) accompagné de Barida au citron, et le Boubbouche, ces escargots mijotés dans un bouillon épicé vendus à la louche dans la rue.

À découvrir aussi

Oujda s'intègre parfaitement dans un voyage plus large au Maroc, en complément des grandes villes impériales et de la côte méditerranéenne. Notre expert local de l'agence Sawa Discovery peut composer un itinéraire sur mesure intégrant l'Oriental, Saidia et les monts Béni-Snassen.

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