La Médersa Attarine

Bien qu’à Fès, les monuments historiques et les médinas valent tous la visite, assurez-vous de passer à la madarsa al-Attarine. Ce haut lieu d’enseignement islamique fait la fierté de la ville et du Maroc tout entier. Fréquenté depuis le XIVe siècle, c’est aujourd’hui une attraction touristique à part entière. Construit dans un espace maladroit, à l’entrée d’un souk, la madarsa se démarque par son architecture élégante et harmonieuse. Et si l’animation est constante dans le marché, le complexe quant à lui baigne dans un calme intemporel.

Histoire

En tant qu’ancienne capitale du Maroc, Fès créée vers la fin du VIIIe siècle a hérité d’un riche patrimoine culturel. Les Idrissides l’ont choisi comme siège du gouvernement de 1465 à 1471. Le pouvoir Dila’it s’y est plus tard implanté, entre 1659 et 1663.

Son histoire depuis sa fondation montre que la ville a toujours été un carrefour économique et culturel du pays. On y enseignait le Coran et les sciences au sein des madarsas (médersas), des écoles et universités théologiques. A l’époque, les établissements prenaient en charge l’hébergement des étudiants pour leur permettre de se consacrer totalement à leur quête de connaissances. Les madarsas constituaient de cette manière des structures importantes au centre de la vie politique et culturelle locale. Plus que de simples lieux d’apprentissage, certaines sont de véritables chefs-d’œuvre architecturaux et sont aujourd’hui considérées comme des attractions touristiques incontournables à Fès. Parmi elles, la madarsa al-Attarine se distingue par sa beauté raffinée.

C’est le sultan Marandi Abu Sa’id qui a érigé entre 1323 et 1325 la madarsa al-Attarine. Avant cela, le dirigeant reconnu pour sa grande piété, fervent gardien de la paix, avaient déjà fait construire deux madarsas importantes au sein de la ville : Es-Sahrij et al-Jedid. al-Attarine se traduit par « les parfumeurs ». Ce nom provient de son emplacement à l’entrée d’un souk très ancien de Fès réputé pour ses marchands de parfums et d’épices.

Découvrir la Madarsa al-Attarine

Dès que vous franchissez l’entrée, le design et la beauté de la madarsa al-Attarine envahissent votre regard. Savourez le moment, vous vous trouvez dans l’une des plus belles réalisations de la dynastie des Marinides. Rendez-vous dans sa cour, le point culminant du complexe, où les décorations et ornements recouvrent les murs et les sols. Les murs présentent trois sortes de décorations : le stuc sculpté des motifs arabesques, la calligraphie arabe peinte, ainsi que des figures géométriques islamiques en mosaïque appelées « zilige ». Dans les édifices musulmans, les zilige n’apparaissent que sur les murs, car selon la tradition, ce sont des images sacrées qui ne peuvent être piétinées.

Au-dessus des arcades, les façades des étages supérieurs possèdent des fenêtres finement taillées s’ouvrant sur la cour. L’accès au deuxième étage de la madarsa se fait par un escalier situé au sud du vestibule d’entrée. Dans ce niveau se situent les 30 pièces qui ont été utilisées comme chambres à coucher des étudiants. La Madrasa as-Sahrij possède globalement un agencement similaire. Au nord du vestibule d’entrée, une issue mène à une salle d’ablutions nommée « mid’aa ».

Sur le côté est de la cour, vous verrez une autre galerie richement ornée. Celle-ci conduit à la salle de prière. Les madarsas fondées par les Marinides étaient pour la plupart orientées de manière à ce que l’axe principal du complexe suive la qibla (la direction de la prière dans la religion islamique). Avec cette disposition, le mihrab de la salle de prière qui symbolise la qibla était accessible depuis la cour d’honneur. Toutefois, le site où le sultan Marandi Abu Sa’id voulait implanter la madarsa al-Attarine ne s’adaptait pas à cette planification. Le mihrab est cette fois-ci situé sur le mur sud de la salle de prière, sur une direction perpendiculaire à l’axe principal du monument. La pièce adopte une forme rectangulaire et compte dans sa partie nord trois arches où les architectes ont posé une coupole carrée en bois faisant au mihrab.

Cette conception peu commune, mais qui est empreinte d’élégance au vu de l’espace limité et difficile à exploiter, montre le talent et la maîtrise des architectes Marinides de l’époque.

Informations pratiques

Comment s’y rendre ?

La madarsa al-Attarine se situe à l’extrémité est de la rue Tala’a Kebira, à proximité d’un marché historique de Fès.

Comment rejoindre la ville de Fès ?

Fès est desservie par plusieurs compagnies aériennes européennes. Les vols depuis la France sont courants, à des prix très abordables si vous réservez, en particulier durant l’hiver et en dehors des vacances scolaires. La ville dispose également d’une liaison aérienne avec Bruxelles et Charleroi. En quittant l’aéroport, vous pouvez prendre un taxi ou un bus pour arriver dans le centre-ville. La course en taxi

Comment se déplacer à Fès ?

Certaines parties de Fès se découvrent à pied, d’autres peuvent être parcourues en bus ou en taxi. Dans les médinas, il est facile de se perdre. Les cartes, si vous en trouver une, sont peu détaillées et il est possible que des rues ne soient pas indiquées dans les plans. Pour parvenir à votre destination, n’hésitez pas à demander le chemin aux passants. Vous pourrez ensuite les remercier en leur offrant un petit pourboire.

Horaires et tarifs

La madarsa al-Attarine est ouverte tous les jours de 8h à 18h. Quoique pensez à vérifier le calendrier des événements religieux qui peuvent changer le planning des horaires de visite. L’entrée coûte 20 Dirhams par personne (15 Dirhams par visiteur pour les groupes de 10 personnes et plus).

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